Bonnes pratiques en sérologie

Auteurs : Elaine Leung, MD, FRCPC, Phillipe Price, MD, FRCPC et Gwen Clarke, MD, FRCPC

Principaux publics cibles : Technologues de laboratoires médicaux travaillant dans un laboratoire d’hôpital, médecins spécialistes en transfusion

Date de publication :   7 novembre 2025

En synthétisant l’importance clinique des allo-anticorps des groupes sanguins, ces bonnes pratiques facilitent les enquêtes sérologiques et les examens immunohématologiques ainsi que la sélection des unités de donneurs en vue d’une transfusion. La présente ressource vise à fournir aux hôpitaux et aux prestataires de soins de santé des informations qui éclairent le processus décisionnel entourant les soins aux patients et l’utilisation des composants sanguins, tout en reconnaissant que chaque décision doit systématiquement intégrer une évaluation du contexte clinique et des potentiels défis liés aux stocks de sang. Les antigènes et les anticorps associés abordés dans cette ressource sont principalement des antigènes à faible prévalence, soit des antigènes présents chez moins de 1 % de la plupart des populations.

La plupart des donneurs n’expriment pas d’antigènes à faible prévalence et, dans de nombreux cas, les concentrés de globules rouges (CGR) des donneurs dépourvus de ces antigènes ne sont pas nécessaires.1 Dans ces circonstances, des CGR compatibles par épreuve croisée sérologique peuvent être transfusés en toute sécurité. Les antigènes à forte prévalence sont généralement antithétiques des antigènes à faible prévalence décrits. Par exemple, Kpa est un antigène à faible prévalence présent chez très peu de personnes, tandis que Kpb, son partenaire antithétique, est présent dans les globules rouges de la plupart des individus. Lorsqu’une personne ne possède pas un antigène à forte prévalence, on dit qu’elle présente un phénotype rare. Si elle produit un anticorps cliniquement significatif contre l’antigène à forte prévalence absent de ses propres cellules, elle peut avoir besoin de se faire transfuser des globules rouges rares. Les informations sur la disponibilité en sang pour les patients présentant des phénotypes rares figurent au programme de sang rare.

Pour les personnes qui se font transfuser sur une base chronique ou qui présentent des anticorps panréactifs ou multiples, il peut être bénéfique de transfuser des CGR aux caractéristiques phénotypiques similaires aux leurs. Lorsqu’on détecte des anticorps cliniquement significatifs, les services de transfusion de l’hôpital peuvent sélectionner des unités dépourvues de l’antigène dans les réserves de l’hôpital ou, le cas échéant, en demander à leur fournisseur de sang. Grâce à ces bonnes pratiques sérologiques, il est plus facile d’optimiser les indications transfusionnelles, c’est-à-dire de déterminer s’il faut des CGR dépourvus de l’antigène ou si la transfusion peut se faire en toute sécurité avec des CGR compatibles par épreuve croisée sérologique.

Dans le cas des personnes drépanocytaires dépourvues d’anticorps, la plupart des lignes directrices recommandent la transfusion d’unités compatibles avec les antigènes RH et Kell. Si ces personnes développent un ou plusieurs anticorps (actuels ou passés), on recommande souvent une compatibilité étendue du phénotype/génotype du donneur. En général, la compatibilité étendue inclut les antigènes cliniquement significatifs les plus courants dans les systèmes sanguins Rhésus, Kell, Kidd et Duffy, ainsi que les antigènes S/s.1 À l’heure actuelle, les preuves de compatibilité antigénique chez les personnes atteintes de thalassémie dépendante des transfusions sont insuffisantes. 

La Société canadienne du sang effectue des analyses phénotypiques et génotypiques pointues des donneurs afin que les médecins aient accès à des CGR dépourvus de l’antigène pour les personnes ayant des besoins transfusionnels complexes. Le phénotypage des onze antigènes cliniquement significatifs les plus courants dans les systèmes sanguins Rhésus, Kell, Kidd et Duffy (soit C, c, E, e, Kell, Jka, Jkb, Fya, Fyb, S et s) s’effectue sur une plateforme de test automatisée; les antigènes les moins courants font l’objet de tests manuels. Certains antigènes ne peuvent être testés qu’au moyen du génotypage en raison du manque d’antisérums. La Société canadienne du sang fournit également des services de référence pour les examens immunohématologiques dans plusieurs laboratoires de référence provinciaux et au Laboratoire d’immunohématologie national de référence de Brampton, en Ontario.

Navigation

Système MNS

Système Rhésus

Système Lutheran

Système Kell

Système Lewis

Système Diego

Système MNS

Ce système de groupes sanguins découvert par Landsteiner et Levin en 1927 a été nommé d’après les trois premiers antigènes identifiés dans le système : M, N et S. À l’heure actuelle, on compte 50 antigènes dans ce système.2 Les gènes GYPA et GYPB codent pour la glycophorine A et la glycophorine B, des produits qui agissent comme chaperons pour le transport de la bande 3 jusqu’à la membrane des globules rouges. Les antigènes M et N sont portés par la glycophorine A et les antigènes S et s par la glycophorine B.3, 4

Anti-M

À retenir

  • L’anti-M a parfois une importance clinique.1 Les patients chez lesquels l’anti-M est détectable à 37 °C (lors du test indirect à l’antiglobuline) peuvent se faire transfuser des unités de CGR compatible par épreuve croisée à l’antiglobuline à 37 °C.
  • Les personnes drépanocytaires porteuses de l’anti-M doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène M.5, 6
  • Si une femme enceinte possède un anti-M de type IgG qui réagit à 37 °C, elle doit se prêter à un titrage continu et il est préconisé que le père de l’enfant fasse l’objet d’un test de dépistage de l’antigène M.7

Introduction

L’antigène M fait partie du système sanguin MNS et se trouve à la surface des globules rouges, sur une glycoprotéine appelée glycophorine A.2 L’antigène M est présent chez 74 % à 78 % de la plupart des populations.

L’anticorps anti-M peut être naturellement présent dans l’organisme (c’est-à-dire sans qu’il y ait eu d’exposition aux globules rouges lors d’une transfusion ou pendant une grossesse) ou être le produit d’une réaction immunitaire. Dans les deux cas, il s’agit majoritairement d’un anticorps de type IgM avec un composant IgG, souvent associé à d’autres anticorps.3 Les anticorps anti-M ont souvent une faible amplitude thermique et une réactivité prédominante à basse température. Si un « nouvel » anti-M est détecté au stade prénatal, il n’est pas rare de constater à l’accouchement que le bébé est dépourvu de l’antigène M. Cela constitue une preuve par inférence que l’anti-M détecté au stade prénatal dans le plasma maternel est naturel, et non le produit d’une réaction immunitaire.

En médecine transfusionnelle, l’anti-M est cliniquement négligeable pour la plupart des patients.8 Il n’a généralement aucun lien avec les réactions transfusionnelles hémolytiques aiguës ou retardées, sauf pour certaines personnes drépanocytaires chez qui il peut entraîner une hémolyse, voire précipiter une hyperhémolyse.5 

L’anti-M est rarement associé à la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF).1, 9

Le typage de l’antigène M ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène M nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

Prise en charge : Épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Épreuves prétransfusionnelles

Lorsqu’on détecte l’anti-M avant une transfusion, il n’a généralement pas d’importance clinique. Il n’est pas nécessaire de sélectionner des unités de CGR dépourvu de l’antigène M. On peut, à la place, transfuser des unités de CGR compatibilisé par test indirect à l’antiglobuline à 37 °C.1 Certaines recommandations transfusionnelles internationales suggèrent de sélectionner des unités de CGR dépourvu de l’antigène M si l’anticorps est réactif au test indirect à l’antiglobuline, mais cette pratique n’est pas uniforme au Canada.

Dans les tests indirects à l’antiglobuline, l’anti-M peut réagir plus fortement sur gel qu’en tube, ce qui peut entraîner une incompatibilité lors de l’épreuve croisée sur gel. Si cela se produit, il est possible d’avoir recours à un test indirect à l’antiglobuline en tube utilisant une solution saline pour trouver des unités compatibles. De plus, un préchauffage peut parfois s’avérer utile.10 L’anti-M est souvent plus réactif à température ambiante ou à 4 °C. L’anti-M est souvent plus réactif à température ambiante ou à 4 °C, même s’il s’agit d’un anticorps de type IgG. Le préchauffage peut donc diminuer ou éliminer la réactivité de l’anti-M, ce qui permet de réaliser l’épreuve de compatibilité.

L’antigène M n’est généralement pas pris en compte lors de la recherche de globules rouges phénotypiquement compatibles. Pour les personnes qui suivent un traitement pouvant induire une hypothermie, y compris certaines interventions chirurgicales cardiaques, certains services de transfusion recommandent de transfuser des unités dépourvues de l’antigène M aux patients porteurs de l’anti-M. Aucune preuve ne vient étayer cette exigence et certaines données semblent indiquer que cette pratique n’est pas nécessaire.11

Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations relatives à la transfusion de globules rouges chez les patients présentant des anticorps non ABO.

Épreuves prénatales

L’anti-M est un anticorps couramment détecté dans les échantillons prénataux. La plupart du temps, il n’a pas d’importance clinique, car il s’agit majoritairement d’un anticorps de type IgM qui ne traverse pas la barrière placentaire.

Pour distinguer les anti-M de type IgM des anti-M de type IgG, il existe certaines méthodes d’identification des anticorps qui excluent les anticorps IgM (figure 1). De plus, des techniques spéciales telles que le traitement du plasma par dithiothréitol (DTT) peuvent aider à les distinguer. Lorsque l’anti-M est un anticorps de type IgG qui réagit à 37 °C et qu’il présente un titre élevé ou en augmentation, il peut s’agir d’un anticorps cliniquement significatif susceptible de traverser le placenta et d’affecter le fœtus. Dans ces cas, le père de l’enfant doit faire l’objet d’un test de dépistage de l’antigène M. Les taux d’anti-M de la mère sont régulièrement titrés pendant la période prénatale. On préconise une méthode de surveillance des anti-M qui consiste à effectuer des titrages intermittents pour détecter les titres en augmentation, avec un suivi régulier uniquement dans les rares cas où les taux d’anticorps augmentent.12, 13

Il est très rare que l’anti-M atteigne un titre critique nécessitant une consultation en médecine materno-fœtale pour une surveillance fœtale plus approfondie. L’anti-M peut agir par suppression de l’érythropoïèse fœtale plutôt que par hémolyse, ce qui peut entraîner une anémie néonatale en plus ou à la place de l’anémie fœtale. On a déjà signalé quelques cas d’anémie fœtale intra-utérine sévère due aux anti-M.7, 9 Cela reste toutefois très exceptionnel et, malgré la présence relativement courante de l’anti-M chez les femmes enceintes, il est très rare de constater une anémie fœtale ou néonatale significative en Amérique du Nord.

Image
Algorithme suggéré pour le dépistage prénatal des anticorps anti-M.

Figure 1. Algorithme suggéré pour le dépistage prénatal des anticorps anti-M.

Note : Il s’agit d’un algorithme adapté et son utilisation doit se conformer aux conditions de votre laboratoire et à votre patientèle. Cet algorithme ne doit pas être utilisé pour les patients ayant des antécédents de MHNNF due à des anti-M. Dans ce cas, une orientation précoce vers un spécialiste en médecine materno-fœtale est indiquée. Sauf indication contraire, le titrage a été effectué sur du plasma pur.
Plasma traité par DTT = titre IgG


Patients drépanocytaires

Pour les patients drépanocytaires porteurs d’un anticorps anti-M, il convient de transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène M, en plus de réaliser un phénotypage du profil d’antigènes et d’anticorps des globules rouges du patient. 5, 14 Dans ce contexte clinique, l’anti-M peut être associé à des réactions hémolytiques; il est donc recommandé de garantir la compatibilité en transfusant des unités de CGR dépourvu de l’antigène M.

Return to top

Glycophorines hybrides (anti-Mi(a), anti-Mur, anti-Bun, anti-Vw, anti-HUT)

À retenir

  • Mi(a) désigne un groupe d’antigènes à faible prévalence formés à la suite de réarrangements hybrides des gènes codant pour les antigènes MN et Ss (glycophorine A et B respectivement). C’est notamment le cas de GP.Mur, GP.Hut et GP.Vw.
  • Les antigènes Mi(a) peuvent être présents chez 6 à 15 % des personnes d’origine asiatique, mais sont relativement rares chez les personnes d’origine européenne (0,1 à 0,2 %).
  • Les anticorps anti-Mi(a) et les anticorps apparentés peuvent provoquer une maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF), qui peut être sans gravité, mais qui peut aussi s’avérer mortelle.
  • À l’instar des autres anticorps dirigés contre les antigènes à faible prévalence, les anticorps anti-Mi(a) ne sont généralement pas détectés lors d’un dépistage prénatal, car les cellules sont dépourvues de l’antigène Mi(a). Les anticorps dirigés contre les antigènes à faible prévalence sont souvent détectés lorsque le nouveau-né présente un ictère et/ou un TDA positif, et que le dépistage des anticorps maternels est négatif.
  • Les anticorps anti-Mi(a) sont rarement associés à des réactions transfusionnelles hémolytiques.

Introduction

Les glycophorines hybrides sont un groupe d’antigènes présents sur la glycophorine A (GPA) et la glycophorine B (GPB). Ils résultent de fusions et de réarrangements génétiques complexes. Contrairement aux polymorphismes nucléotidiques, qui produisent plusieurs des variantes d’antigènes des groupes sanguins courants, ces réarrangements peuvent entraîner l’expression de chaînes d’acides aminés comportant plusieurs nouveaux antigènes, qui peuvent à leur tour stimuler plusieurs anticorps discrets (figure 2).

Image
Example of a gene recombination event found in glycophorin hybrids GP.Mur, GP.Bun, GP.Hop and GP.HF.

Figure 2. Exemple d’un épisode de recombinaison génétique observé dans les glycophorines hybrides GP.Mur, GP.Bun, GP.Hop et GP.HF. Dans ces hybrides, une partie de la glycophorine A (GYPA) remplace l’extrémité du pseudoexon B3 (Ψ) de la glycophorine B (GYPB). Cela ajoute un site d’épissage fonctionnel à B3, qui s’exprime alors anormalement, ce qui conduit à l’expression de plusieurs nouveaux antigènes : Mi(a), Mur, Hil, MUT et MINY 2,3. Figure adaptée de Daniels et Sanger, 2013.3

Mi(a) tire son nom de la série Miltenberger, une ancienne convention d’appellation. C’est la convention d’appellation Reid et Tippett qui la remplace désormais15, 16, car elle intègre des données de séquençage et biochimiques qui permettent de mieux caractériser ces phénotypes (tableau 1). Il est important de noter que le nom « Mi(a) » est généralement utilisé pour désigner un groupe d’antigènes qui comprend notamment Mur et Vw. Cependant, on a également découvert que Mi(a) est un antigène discret avec un anticorps monoclonal offert sur le marché2, ce qui ajoute à la confusion dans la nomenclature. Ainsi, si un patient a développé un nouvel anti-Mi(a), il se peut que cet anticorps réagisse à un seul antigène (généralement Mur ou Vw), mais il se peut aussi que plusieurs anticorps réagissent avec l’un des phénotypes contenant Mi(a) (tableau 1).

Tableau 1. Définition sérologique des phénotypes de Miltenberger et notation de remplacement, adaptée de Daniels et Sanger, 2013 (p. 118)2–4.

 

Phénotypes Antigènes
Famille Mi Nouvelle notation (Reid et Tippett) Mi(a) Vw Mur Hil Hut MUT Hop Nob DANE TSEN MINY
Mi.I GP.Vw + + - - - - - - - - -
Mi.II GP.Hut + - - - + + - - - - -
Mi.III GP.Mur + - + + - + - - - - +
Mi.IV GP.Hop + - + - - + + - - + +
Mi.V GP.Hil - - - + - - - - - - +
Mi.VI GP.Bun + - + + - + + - - - +
Mi.VII GP.Nob - - - - - - - + - - -
Mi.VIII GP.Joh - - - - - - + + - NT -
Mi.IX GP.Dane - - + - - - - - + - -
Mi.X GP.HF + - - + - + - - - - +
Mi.XI GP.JL - - - - - NT - - - + +

License number: 6110920764012
NT: non testé

 

GP.Mur est le phénotype le plus courant.17 L’incidence de cette glycophorine hybride chez les personnes d’origine caucasienne est faible et estimée à 0,0098 %; cependant, elle est beaucoup plus élevée chez les personnes originaires de Chine et d’Asie du Sud-Est (6 à 15 %).2, 3 Il existe des variations importantes au sein de ce grand groupe ethnique, l’incidence atteignant 88 % chez certaines sous-populations.18 GP.Bun n’est pas toujours signalé comme une entité distincte de GP.Mur. Dans une étude menée sur des personnes d’origine thaïlandaise, 9,03 % étaient porteuses de Mi(a) (selon la sérologie), parmi lesquelles 88,3 % étaient porteuses de GP.Mur et 11,7 % de GP.Bun selon le séquençage génétique; aucune autre glycophorine hybride n’était détectée.19 D’autres glycophorines hybrides ont été signalées dans des populations d’ascendance européenne à des fréquences proches de 0,05 %, GP.Vw atteignant jusqu'à 1,4 % chez les personnes d’ascendance suisse.17 Heathcote et coll. 17et Mallari et coll.20 ont rédigé des revues de cas exhaustives qui incluent des résumés plus détaillés de l’épidémiologie de ces phénotypes. Parmi les déclarations de réaction transfusionnelle hémolytique ou MHNNF sévère, 94 % font suite à une exposition à GP.Mur et GP.Vw.17

Le typage de l’antigène Mi(a) ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Mi(a) nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

 

Prise en charge : Épreuves prétransfusionnelles et prénatales

ÉPREUVES PRÉTRANSFUSIONNELLES

La détection de l’anti-Mi(a) chez les patientes non enceintes ne pose généralement pas de problème majeur pour l’approvisionnement en sang dans les pays occidentaux, car la plupart des donneurs sont dépourvus de l’antigène Mi(a).

Les anticorps dirigés contre les glycophorines hybrides peuvent être naturellement présents dans l’organisme ou être le produit d’une réaction immunitaire. Les anticorps naturellement présents dans l’organisme sont généralement de type IgM et n’ont pas d’importance clinique.17 Ce phénomène est bien connu pour les anticorps anti-Vw, présents chez 0,5 % des personnes sans antécédents de grossesse ou de transfusion,2 et c’est la raison pour laquelle les globules rouges porteurs de Vw ne sont intentionnellement pas inclus dans les panels de dépistage.17 Heathcote et coll.17 fournissent une revue complète de la littérature sur les réactions transfusionnelles hémolytiques. Ils décrivent un cas mortel de réaction transfusionnelle hémolytique; le patient avait réagi à une unité de CGR porteur de GP.Vw.21 Tous les cas de réaction transfusionnelle hémolytique présentaient des IgG titrant de 8 à 512. Il n’y a eu aucun cas déclaré de réaction transfusionnelle hémolytique avec uniquement des IgM. Les anticorps les plus fréquemment impliqués dans ce groupe sont les anti-Mi(a), les anti-Mur, les anti-MUT et, dans une moindre mesure, les anti-Hil.

En cas de suspicion d’anticorps dirigés contre les antigènes à faible prévalence chez des patientes non enceintes, les échantillons peuvent être envoyés à un laboratoire de référence pour des épreuves sérologiques, et un test génétique peut être envisagé si une confirmation est nécessaire.22, 23 Bien que les anti-Mi(a) puissent provoquer une réaction transfusionnelle hémolytique sévère,17 il est peu probable que ces patientes soient exposées à l’antigène Mi(a) dans des pays comme le Canada, où sa prévalence est faible dans le bassin de donneurs. Comme pour les autres anticorps présentant un résultat positif, les patientes peuvent se faire transfuser en toute sécurité des unités compatibles par épreuve croisée à l’antiglobuline. Des tests de classe d’anticorps par traitement du plasma par dithiothréitol peuvent être envisagés pour déterminer la présence d’IgG et/ou d’IgM, car les anticorps de type IgM seulement n’ont pas d’importance clinique.17, 23 Il n’est pas nécessaire de se procurer des unités dépourvues de Mi(a), et le dépistage de l’antigène Mi(a) chez les donneurs n’est pas systématique à la Société canadienne du sang. Les antisérums sont difficiles à trouver et les demandes de tests peuvent entraîner des retards inutiles dans la transfusion.

ÉPREUVES PRÉNATALES

Bien que rarement déclaré, l’anti-Mi(a) présente un risque de MHNNF légère à mortelle.2, 3, 17, 20, 24 Il existe des preuves évidentes que les anticorps IgG à titre élevé dirigés contre les glycophorines hybrides constituent un risque important de MHNNF, tandis que les anticorps de type IgM seulement, plus courants et naturellement présents dans l’organisme, sont très peu susceptibles de provoquer des réactions graves. On ne sait pas avec certitude si les anticorps IgG à faible titre peuvent provoquer des réactions sévères, car le titrage n’a pas été fait dans tous les cas. La plupart des cas ont été signalés en Asie,17 en particulier à Taïwan et à Hong Kong, et l’anticorps le plus fréquemment identifié était l’anti-GP.Mur. Dans les cas de MHNNF où les IgG avaient été titrés, les titres variaient de 32 à 1 024, et des cas sévères de MHNNF ont été signalés lors de premières grossesses.17 Dans les groupes d’ascendance européenne, GP.Vw est la glycophorine hybride la plus susceptible de stimuler l’anti-Mi(a). Les titres d’IgG déclarés varient de 32 à 128.17La détection des anticorps de glycophorines hybrides (anti-Mi(a), anti-Mur et anti-Vw) pendant la grossesse représente un défi croissant face à la diversification ethnique due à l’immigration mondiale.20, 24 L’anti-Mi(a) a été comparé à l’anti-Kell en termes de fréquence et de niveau de gravité potentielle chez les personnes d’origine asiatique20; cependant, il ne fait pas partie des dépistages systématiques conçus pour les groupes ethniques occidentaux. C'est pourquoi certains fournisseurs préconisent d’inclure dans les épreuves prénatales des cellules porteuses de l’antigène Mi(a), en particulier pour les personnes d’origine asiatique; cependant, à ce jour, les cellules disponibles sur le marché pour le dépistage ne sont généralement pas porteuses de l’antigène Mi(a).20, 24

Les anticorps dirigés contre les antigènes à faible prévalence (y compris les anticorps anti-Mi(a)) doivent être considérés comme une cause possible de MHNNF dans les cas où il existe un ictère néonatal inexpliqué avec un test direct à l’antiglobuline positif et un dépistage des anticorps maternels et/ou néonatals négatif. En particulier s’il y a déjà eu des pertes de grossesse non diagnostiquées (voir figure 3), il est impératif de procéder à un examen supplémentaire des taux d’anticorps de la mère et du père de l’enfant ainsi qu’à un typage antigénique néonatal, généralement par génotypage des antigènes érythrocytaires.20

 

 

Image
Recommended testing strategy for the investigation of an antibody to a low prevalence antigen (LPA) such as anti-Mi(a).

Figure 3. Stratégie de dépistage recommandée pour la recherche d’anticorps dirigés contre un antigène à faible prévalence tel que l’anti-Mi(a). En cas d’ictère néonatal inexpliqué ou d’anémie avec test direct à l’antiglobuline positif, si le dépistage des anticorps est négatif (tant pour la mère que pour le nouveau-né), l’équipe clinique et le personnel de laboratoire doivent envisager la présence d’anticorps dirigés contre un antigène à faible prévalence. Une étape intermédiaire pourrait consister à effectuer une élution des cellules du nouveau-né afin de récupérer les anti-Mi(a) et de comparer le plasma obtenu aux cellules paternelles. Il est également possible d’utiliser le plasma maternel pour le comparer aux cellules paternelles si les anticorps anti-A ou anti-B n’interfèrent pas (c’est-à-dire si les échantillons maternels et paternels sont de groupe identique, ou si les cellules maternelles sont de groupe AB). Le Laboratoire d’immunohématologie national de référence peut réaliser des tests ou fournir des conseils.

Une consultation en médecine materno-fœtale est fortement recommandée si des anticorps dirigés contre les glycophorines hybrides sont connus ou détectés pendant la période prénatale. À l’heure actuelle, il n’existe aucune recommandation sur les titres maternels critiques, mais la revue de Heathcote et coll. semble indiquer que des titres égaux ou supérieurs à 32 augmentent le risque de MHNNF ayant une importance clinique.17

En cas de suspicion d’anti-Mi(a), il convient d’envisager un test génétique des antigènes du groupe sanguin du nourrisson et du père afin d’identifier les glycophorines hybrides, car ceux-ci peuvent avoir une incidence sur les grossesses futures et les besoins transfusionnels.20, 24 Pour les grossesses suivantes ou si le père de l’enfant est porteur de l’antigène, il est recommandé de consulter rapidement un spécialiste en médecine materno-fœtale afin de surveiller l’anémie fœtale et d’envisager un titrage contre les cellules porteuses de l’antigène Mi(a) à intervalles de 2 à 4 semaines.20 Vous pouvez contacter votre service local de médecine transfusionnelle pour organiser le test de dépistage de l’antigène Mi(a) par le Laboratoire d’immunohématologie national de référence.

Haut de page

Système Rhésus (RH)

Le système sanguin Rhésus (RH) comprend 56 antigènes situés sur de grandes glycoprotéines à plusieurs boucles issues de deux gènes étroitement liés, RHD et RHCE.1

En général, les anticorps du système Rhésus peuvent avoir une importance clinique, même lorsque les cas de réactions transfusionnelles hémolytiques sont rares. Si possible, et à l’exception des cas mentionnés ci-dessous, il convient de transfuser des CGR dépourvus de l’antigène lorsque le receveur de la transfusion possède l’anticorps correspondant.

Anti-Cw

À retenir 

  • L’anti-Cw peut avoir une importance clinique.1, 2 Les patients possédant l’anti-Cw doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). 
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-Cw doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Cw

Introduction 

L’antigène Cw (RH8) est relativement peu fréquent25; on estime sa fréquence à 2 % dans la population générale d’origine caucasienne, et à 7 à 9 % dans les populations d’origine lettone, lapone et finnoise. Ses antigènes antithétiques comprennent l’antigène CX (RH9), version anormale de l’antigène Cw, et l’antigène MAR (RH51), un antigène très fréquent. 

L’anticorps anti-Cw a été décrit pour la première fois en 1946, chez un patient atteint de lupus et également porteur de l’anticorps anti-Lua. Il tient son nom de son association avec l’antigène C et d’un donneur de globules rouges nommé Willis. L’anti-Cw est relativement commun et est, en général, naturellement présent dans l’organisme, mais il peut également être le produit d’une réaction immunitaire à la suite d’une transfusion ou d’une grossesse. Malgré quelques rares cas d’anti-Cw de type IgM, il s’agit presque toujours d’un anticorps de type IgG et il est souvent présent en association avec d’autres anticorps. Compte tenu de sa place sur le gène RHCE, l’antigène Cw est pratiquement toujours présent en même temps que l’antigène C, en particulier l’haplotype Dce (R1). L’expression de l’antigène C étant affaiblie lorsqu’il est associé à l’antigène Cw, il est peu probable qu’un alloanticorps anti-C se développe chez les sujets C+Cw+. La plupart des globules rouges dépourvus de l’antigène C seront également dépourvus de l’antigène Cw.

Le typage de l’antigène Cw ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Cw nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Contrairement à beaucoup d’autres antigènes du système Rhésus, l’anti-Cw a généralement peu d’importance clinique sur le plan transfusionnel. Toutefois, bien qu’aucun cas de réaction transfusionnelle hémolytique aiguë ou retardée n’ait été signalé, il a déjà été associé à des formes faibles à modérées de la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF), et même à quelques cas de formes graves, dont au moins un cas d’anasarque fœtoplacentaire.26

Aucune consigne particulière n’indique qu’il faille transfuser du CGR dépourvu de l’antigène Cw aux patients possédant l’anti-Cw. À noter également que 98 % des donneurs ne possèdent pas l’antigène Cw. Le typage de l’antigène Cw (phénotypage) ne faisant pas partie des analyses systématiques effectuées par la Société canadienne du sang sur le sang des donneurs, les demandes de CGR dépourvu de cet antigène exigent un phénotypage et un génotypage manuels à part. En cas de présence ou d’antécédent de l’anti-Cw, il convient de transfuser du CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C).1 Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les personnes possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) 

En cas d’apparition d’anticorps anti-Cw chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser du CGR dépourvu de l’antigène Cw et entièrement compatible avec son phénotype. En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.5, 14

 

Haut de page
 

Anti-V

À retenir

  • L’anticorps anti-V n’a généralement pas d’importance clinique. Les patients possédant l’anti-V doivent si possible se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène V et compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). 
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-V doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène V.

Introduction

L’antigène V (RH10) est rare dans la population caucasienne (environ 1 %), mais très commun chez les personnes de descendance africaine (environ 30 %).27 L’antigène V est associé à l’antigène VS, même s’ils ne sont pas antithétiques. Il semble que ces deux antigènes apparaissent à cause d’une mutation dans le domaine transmembranaire du gène RHCE (e partiel), d’où le fait que la plupart des gens qui possèdent l’antigène V possèdent également l’antigène VS.

L’anticorps anti-V a été décrit en 1955 et nommé d’après le nom de famille du premier patient chez qui il a été découvert.

La plupart des anti-V signalés sont des anticorps de type IgG qui réagissent le mieux au test indirect à l’antiglobuline, à 37 °C. Toutefois, des anti-V réagissant en solution saline ont également été signalés. Il s’agit d’un anticorps que l’on retrouve souvent en association avec d’autres anticorps, en particulier l’anti-D.

Le typage de l’antigène V ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène V nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, l’anti-V n’a pas d’importance clinique. Il n’a été associé à aucune réaction transfusionnelle hémolytique aiguë ni à la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF). Toutefois, lorsque l’on détecte l’anti-V dans l’échantillon prétransfusionnel d’un patient, il convient de transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). Par ailleurs, l’antigène V étant présent dans de nombreux groupes de donneurs particuliers (30 % des donneurs d’ascendance africaine), il convient si possible de transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène V.27 Cette approche prudente traduit le risque que les anticorps Rh entraînent une hémolyse et la possibilité de transfuser une unité de CGR possédant l’antigène V, étant donné la prévalence chez certaines populations de donneurs. Les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène V à la Société canadienne du sang peuvent parfois nécessiter un génotypage des échantillons pour trouver les unités de CGR dépourvu de cet antigène. Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les patients possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-V chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène V et entièrement compatible avec son phénotype, comme déjà indiqué.5, 14 En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.

Haut de page

Système Lutheran (LU)

On compte actuellement 28 antigènes Lutheran, qui sont exprimés sur deux glycoprotéines situées à la surface des globules rouges, la glycoprotéine Lutheran (Lu) et la glycoprotéine B-CAM (Basal-Cell Adhesion Molecule). Les glycoprotéines Lu et B-CAM font partie d’une superfamille d’immunoglobulines-réceptrices qui diffèrent les unes des autres par leur domaine intracelullaire. Elles présentent une forte affinité avec la laminine, une protéine de la matrice extracellulaire qui fait partie intégrante de la membrane basale de toutes les cellules. Les glycoprotéines Lu et BCAM sont surexprimées sur les hématies des patients atteints d’anémie falciforme et facilitent l’adhésion des hématies aux cellules endothéliales vasculaires, ce qui contribuerait à la stase circulatoire et aux épisodes vaso-occlusifs que connaissent ces patients.5

Anti-Lua

À retenir

  • L’anticorps anti-Lua a rarement une importance clinique. Les patients possédant l’anti-Lua doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C).
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-Lua doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Lua.

Introduction

Lua est un antigène du système Lutheran. Il a pour la première fois été décrit en 1945 chez un patient atteint de lupus érythémateux, chez lequel on a également retrouvé des anticorps anti-Cw, anti-c et anti-Kpc. Cet antigène tient son nom d’un donneur de globules rouges nommé Lutteran, dont le nom aurait été mal orthographié sous la forme Lutheran sur le tube d’échantillon.25, 28

Les anticorps dirigés contre les antigènes du système Lutheran sont relativement peu communs. L’anti-Lua étant toutefois le plus commun, des cellules porteuses de l’antigène Lua sont généralement incluses dans les échantillons commerciaux destinés aux tests. Bien que l’anti-Lua soit généralement le produit d’une réaction immunitaire due à une exposition à des hématies étrangères. À la suite d’une transfusion ou d’une grossesse, par exemple, il peut être naturellement présent dans l’organisme, souvent en association avec d’autres anticorps. Généralement de type IgM, il peut contenir des composants IgG et IgA. La plupart des anti-Lua sont capables d’agglutiner directement les hématies à température ambiante ainsi que pendant un test indirect à l’antiglobuline, à 37 °C. Par ailleurs, les glycoprotéines Lu et B-CAM s’exprimant de façon hétérogène sur les hématies, il se peut que lors du test, la réaction antigène-anticorps produise de petits agglutinats, dispersés parmi des hématies non agglutinées.

Le typage de l’antigène Lua ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Lua nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, l’anti-Lua a peu d’importance clinique pour la plupart des patients.  En effet, il n’engendre pas de réactions transfusionnelles hémolytiques aiguës et n’est que très rarement associé à des réactions transfusionnelles hémolytiques modérées retardées ainsi qu’à des formes modérées de la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF). Dans le cas de la MHNNF, l’antigène Lua fœtal étant souvent présent dans les tissus placentaires, l’adsorption des anticorps IgG de la mère sur les cellules placentaires empêche le transfert de l’anticorps au fœtus, ce qui semble n’avoir aucun impact sur la viabilité de celui-ci.

Lorsque l’on détecte l’anti-Lua dans l’échantillon prétransfusionnel d’un patient, il n’est généralement pas nécessaire de sélectionner du CGR dépourvu de l’antigène Lua, d’autant que 92 % des donneurs en sont eux-mêmes dépourvus. Le typage de l’antigène Lua ne fait pas partie des phénotypages systématiques effectués par la Société canadienne du sang sur le sang des donneurs; par conséquent, les demandes de CGR dépourvu de cet antigène exigent généralement un génotypage à part. En cas de présence ou d’antécédent de l’anti-Lua, il convient de transfuser du CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les patients possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-Lua chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Lua et entièrement compatible avec son phénotype, comme déjà indiqué. En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.5, 14

 

Haut de page

Système Kell (KEL)

Les antigènes Kell sont présents sur la glycoprotéine CD238, qui traverse la membrane des globules rouges, et sont au nombre de 38. Après les systèmes ABO et RH, le système Kell comprend certains des antigènes les plus immunogènes.

Les antigènes Kell se développent très tôt dans l’érythropoïèse. Ces anticorps peuvent entraîner une sévère maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF) sous l’action de mécanismes tels que la destruction auto-immune et la suppression de l’érythropoïèse, ce qui pose le risque d’une anémie prolongée pour les nouveau-nés concernés par la MHNNF en raison d’anticorps dirigés contre les antigènes Kell.4

La plupart des anticorps dirigés contre les antigènes Kell ont une importance clinique. Ils peuvent entraîner une réaction transfusionnelle hémolytique ainsi qu’une MHNNF et nécessiter des transfusions de sang dépourvu de ces antigènes.

Anti-Kpa

À retenir

  • L’anticorps anti-Kpa a rarement une importance clinique.29, 30 Les patients possédant l’anti-Kpa doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C).
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-Kpa doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Kpa.

Introduction

L’anti-Kpa est un anticorps dirigé contre un antigène du système sanguin Kell et est extrêmement rare. Identifié pour la première fois en 1957, l’anti-Kpa a été nommé en référence au groupe Kell, lui‑même nommé d’après Kelleher, le premier chercheur ayant réussi à produire un anticorps anti‑K, et à Penny, le premier chercheur ayant réussi à produire un anti-Kpa identifié. Selon l’International Society of Blood Transfusion, la nomenclature de l’antigène Kpa est KEL3. Il fait partie d’un trio d’antigènes antithétiques (Kpa, Kpb et Kpc). 

On estime que l’antigène Kpa est présent chez seulement 2 % de la population d’origine caucasienne et inexistant chez les personnes d’ascendance africaine ou japonaise. L’anti-Kpa peut être naturellement présent dans l’organisme (c’est-à-dire sans exposition due à une transfusion ou à une grossesse), mais serait plutôt le produit d’une réaction immunitaire. Il s’agit donc, en général, d’un anticorps de type IgG, et le plus souvent de type IgG1.

Le typage de l’antigène Kpa ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Kpa nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, l’anti-Kpa a rarement une importance clinique en raison de la rareté relative de l’antigène Kpa. En raison de sa faible prévalence, il n’est généralement pas nécessaire de sélectionner du CGR dépourvu de l’antigène Kpa. Il convient plutôt de transfuser du CGR compatibilisé par épreuve sérologique (test direct à l’antiglobuline à 37°C). Le typage de l’antigène Kpa ne faisant pas partie des phénotypages systématiques effectués par la Société canadienne du sang, les demandes de CGR dépourvu de cet antigène exigent un phénotypage ou un génotypage manuel à part.

Rarement, l’anti-Kpa entraîne des réactions transfusionnelles légères à modérées, y compris des réactions hémolytiques retardées.29, 30 Étant donné que cet anticorps s’exprime sur les hématies présentes dans le sang de cordon, il peut aussi entraîner une MHFFN. On recense toutefois peu de réactions graves mettant en cause l’anti-Kpa. Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les personnes possédant des anticorps non ABO.

Dans les cas périnataux, la plupart des directives recommandent une prise en charge et un monitorage des anticorps du système Kell, y compris l’anti-Kpa, identiques à ceux mis en place pour l’anti-K. Traditionnellement, la communauté médicale ne pense pas que la gravité de la MHFFN soit liée au titre des anticorps du système Kell et on recommande une consultation précoce avec un prestataire obstétrique à haut risque lorsqu’on détecte un anticorps du système Kell durant la grossesse.31, 32 Compte tenu du manque de cas impliquant l’anti-Kpa, il est probable qu’à l’avenir on continue à recommander de prendre en charge l’anti-Kpa à partir des données concernant l’anti-K.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-Kpa chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Kpa et entièrement compatible avec son phénotype étendu, comme déjà indiqué.5, 14 Compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, le CGR transfusé doit être entièrement compatible avec leurs profils antigènes et anticorps.

Haut de page

 

Anti-Jsa

À retenir

  • L’anticorps anti-Jsa a une importance clinique. Les patients possédant l’anti-Jsa doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) et dépourvu de l’antigène Jsa.
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-Jsa doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Jsa.

Introduction

L’antigène Jsa (KEL6) est l’un des antigènes du système sanguin Kell et présent presque exclusivement chez les personnes d’ascendance africaine (20 %). Il est très rare dans la population caucasienne (< 0,01 %) et inexistant chez les personnes d’origine asiatique.

L’antigène Jsa a été décrit pour la première fois en 1958 et a été nommé d’après John Sutter, le premier producteur de l’anticorps. Il a été intégré au système Kell en 1965.

L’anti-Jsa peut, rarement, être naturellement présent dans l’organisme (c’est-à-dire que sa présence ne serait pas due à une exposition à des hématies à la suite d’une transfusion ou d’une grossesse), mais il s’agirait plutôt d’un anticorps de type IgG produit par une réaction immunitaire. L’anti-Jsa est associé à de rares cas de MHNNF.33, 34

Le typage de l’antigène Jsa ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Jsa nécessitent un génotypage à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, l’anticorps anti-Jsa peut présenter une importance clinique, car il a été associé à des réactions transfusionnelles hémolytiques aiguës retardées ainsi qu’à l’apparition de la MHNNF, qui peut s’avérer grave étant donné la présence des antigènes Kell sur les précurseurs érythroïdes. Lorsque l’on détecte la présence actuelle ou passée de l’anti-Jsa dans l’échantillon prétransfusionnel d’un patient, c’est généralement en dépistant d’autres anticorps étant donné que les cellules porteuses de l’antigène Jsa ne sont généralement pas présentes dans les cellules utilisées pour le dépistage. Si l’anti-Jsa est détecté et que le temps le permet, il convient de transfuser du sang dépourvu de cet antigène et compatibilisé par épreuve sérologique (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les patients possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-Jsa chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Jsa et entièrement compatible avec son phénotype étendu, comme déjà indiqué.5, 14 En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.

Haut de page

Système Lewis (LE)

Les antigènes Lewis sont des glycoprotéines que l’on retrouve à la surface de plusieurs types de cellules et qui sont sécrétées dans divers liquides biologiques. Parce que les antigènes Lewis se retrouvent dans différents types de tissus, ils sont considérés comme un groupe histosanguin, au même titre que le système ABO et l’antigène H.2, 4 À l’heure actuelle, ce système compte six antigènes. Ces antigènes circulants sont adsorbés par les globules rouges sur leur membrane. À l’instar du système ABO, l’oligosaccharide précurseur du système Lewis peut être facilement modifié par une enzyme fucosyltransférase autosomique dominante (FUT3), comme l’illustre la figure 4. La combinaison du gène Lewis (FUT3) et du gène sécréteur (FUT2) donne trois phénotypes principaux : Le(a), Le(b) et Le(a-b-). Le phénotype Le(a+b+), également possible, concerne généralement les personnes originaires de l’Asie orientale qui présentent un phénotype sécréteur faible.

Image
Simplified diagram of how the Lewis system is related to the H and ABO

Figure 4. Schéma simplifié de la relation entre le système Lewis, le système ABO et l’antigène H. Chez les non sécréteurs (absence de l’enzyme FUT2), l’antigène Lea se forme par ajout d’un résidu de fucose au précurseur H. Chez les sécréteurs (présence de l’enzyme FUT2 active), l’antigène H contenu dans les sécrétions est modifié par l’enzyme FUT3 pour former l’antigène Leb. Les personnes possédant un phénotype Le(a-b-) ne possèdent pas d’enzyme FUT3 active, et peuvent être de type sécréteur ou non sécréteur, en fonction de l’enzyme FUT2, sans que cela se reflète au niveau du phénotype.35

Cette image, reproduite avec la permission de John Wiley and Sons avec le numéro de licence 5973171262380, est tirée de l’article :

Hu, D.-y., Shao, X.-x., Xu, C.-l., Xia, S.-l., Yu, L.-q., Jiang, L.-j., Jin, J., Lin, X.-q. and Jiang, Y. (2014), FUT2 and FUT3 in Crohn's disease. J Gastroenterol Hepatol, 29: 1778-1785. https://doi.org/10.1111/jgh.12599

Haut de page
 

Anti-Lewis

À retenir

  • Les anticorps anti-Lea, anti-Leb et anti-Leab n’ont pas d’importance clinique, sauf s’ils sont détectés à 37 ºC.1 Les patients possédant les anticorps anti-Lea, anti-Leb et anti-Leab doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 ºC).
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant les anticorps anti-Lea, anti-Leb ou anti-Leab doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène correspondant.5, 14

Introduction

Les anticorps Anti-Le, communément anti-Lea, Leb ou Leab, sont des anticorps dirigés contre les antigènes Lewis. Relativement communs, ils sont en général naturellement présents dans l’organisme, c’est-à-dire que leur présence n’est pas due à une exposition à des hématies à la suite d’une transfusion ou d’une grossesse, mais ils peuvent également être le produit d’une réaction immunitaire. Qu’ils soient naturels ou non, il s’agit principalement d’anticorps de type IgM associés à des composants IgG, que l’on retrouve le plus souvent chez les personnes présentant un phénotype dépourvu d’antigènes Lewis (Le(a-b-)).  Dans de très rares cas, l’anti-Lea peut correspondre à un anticorps de type IgG pur.

Le typage des antigènes Lewis ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu des antigènes Lewis nécessitent un phénotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, les anticorps anti-Lea, Leb or Leab n’ont presque jamais d’importance clinique. Dans de rares cas, le plus souvent avec l’anti-Lea, des réactions transfusionnelles hémolytiques ont été observées. Ce qui peut être dû à trois phénomènes : 1) en raison de la prédominance des IgM, les anticorps sont généralement inactifs à la température du corps; 2) comme l’antigène est beaucoup sécrété, les antigènes présents dans le plasma du donneur neutralisent les anticorps du receveur; et 3) les cellules transfusées se débarrassent facilement de leur antigène, ce qui fait que les antigènes membranaires du donneur correspondent au phénotype du receveur.4, 36

De la même manière, les anticorps anti-Lea, Leb ou Leab ne sont généralement pas associés à la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF). Ils sont souvent détectés dans le sérum prénatal, car les femmes enceintes ont tendance à les perdre pendant la grossesse, ce qui leur confère un phénotype Le(a-b-) temporaire associé à la capacité de fabriquer des anti-Lea, des anti-Leb et des anti-Leab jusqu’au retour de leur phénotype normal, aux alentours de six semaines après l’accouchement. Toutefois, ces anticorps sont principalement de type IgM et ne traversent pas facilement la barrière placentaire. Enfin, bien que les antigènes Lewis puissent être présents dans le sérum des nouveau-nés, ils ne s’expriment pas à la surface des globules rouges du fœtus ou du nouveau-né.

Les anticorps anti-Lewis sont en général de type IgM et sont habituellement plus réactifs à température ambiante (phase de centrifugation immédiate). Lorsque des anticorps anti-Lea, Leb ou Leab sont détectés dans l’échantillon prétransfusionnel d’un patient lors du test indirect à l’antiglobuline à 37 ºC, ils peuvent avoir une importance clinique. Toutefois, il n’est pas nécessaire de transfuser du CGR dépourvu de l’antigène associé. Il suffit de transfuser du CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les patients possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-Lea, Leb ou Leab chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène associé et entièrement compatible avec son phénotype étendu, comme déjà indiqué.5, 14 En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.

Associations avec d’autres maladies

  • L’antigène Leb est un récepteur épithélial gastrique de Helicobacter pylori.
  • Les antigènes Lewis s’expriment dans le tissu rénal, en particulier dans l’épithélium du tube distal et dans l’endothélium vasculaire. Bien que plusieurs études aient mis en cause les anticorps anti-Lewis dans l’échec d’allogreffes rénales chez des receveurs présentant un phénotype Le(a-b-), il n’y a pas suffisamment de données pour faire des antigènes Lewis des marqueurs d’histocompatibilité courants.


Haut de page

Système Diego (DI)

Les antigènes Diego sont situés sur la glycoprotéine AE1 (encore appelée « bande 3 » ou CD233), que l’on retrouve sur la membrane cellulaire des hématies et qui joue un rôle essentiel dans l’échange gazeux et le maintien de l’équilibre anionique à travers la membrane. À l’heure actuelle, on compte 23 antigènes dans ce système.2, 4

La présence de certains antigènes Diego varie considérablement chez les individus des différents groupes ethniques.

Anti-Wra

À retenir

  • L’anticorps anti-Wra a une importance clinique. Les patients possédant l’anti-Wra doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C).
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-Wra doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Wra.

Introduction

Wra (DI3) est un antigène du système Diego. Présent chez moins de 0,01 % de la population, l’antigène Wra est peu courant, et ce, quel que soit le groupe ethnique.2

L’anticorps anti-Wra a été décrit pour la première fois en 1953 à l’occasion d’un cas de maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF). Inclus dans le système Diego en 1995, il tire son nom de la famille chez laquelle il a été découvert.

L’anti-Wra est naturellement présent dans l’organisme, c’est-à-dire que sa présence n’est pas due à une exposition à des hématies à la suite d’une transfusion ou d’une grossesse, mais il peut également être le produit d’une réaction immunitaire. Jusqu’à 2 % des donneurs de sang peuvent en être porteurs et on le retrouve fréquemment chez les patients qui souffrent d’anémie hémolytique auto-immune ainsi qu’en association avec d’autres anticorps. Chez les donneurs en bonne santé, l’anti-Wra est généralement un anticorps de type IgM associé ou non à des composants IgG. On trouve également des anti-Wra de type IgG (IgG1 ou IgG3), et ce, principalement chez les femmes enceintes et les personnes qui ont déjà reçu des transfusions.

Le typage de l’antigène Wra ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Wra nécessitent un phénotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, l’anti-Wra a une importance clinique. Il peut, en effet, causer des réactions transfusionnelles hémolytiques aiguës retardées pouvant être graves1, 37 ainsi que des formes modérées à sévères de la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF). Toutefois, l’anti-Wra n’est pas systématiquement inclus dans les recherches d’anticorps. Malgré sa fréquence au sein de la population, la très faible incidence de l’antigène Wra chez les donneurs associée à la présence d’un anticorps de type IgM qui ne réagit généralement pas à la température corporelle rend la probabilité d’une incompatibilité extrêmement faible, en particulier si l’on utilise l’épreuve sérologique de compatibilité croisée. Ainsi, il est préconisé de sélectionner des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) pour les patients chez lesquels l’anti-Wra est présent ou l’a déjà été. Le typage (phénotypage) de l’antigène Wra ne faisant pas partie des analyses systématiques effectuées par la Société canadienne du sang, les demandes d’unités de CGR dépourvu d’antigène Wra nécessitent un phénotypage manuel à part. Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les patients possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-Wra chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Wra et entièrement compatible avec son phénotype étendu.5, 14 En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.


Haut de page

 

Anti-Dia

À retenir

  • L’anticorps anti-Dia peut avoir une importance clinique. Les patients possédant l’anti-Dia doivent se faire transfuser des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C).
  • Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant l’anti-Dia doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Dia.

Introduction

L’antigène Dia fait partie du système Diego. Présent chez 0,01 % de la plupart des populations, il est peu courant. Il est toutefois plus fréquent dans certains groupes ethniques, comme les peuples autochtones d’Amérique du Sud (2 à 54 %), les Japonais (12 %), les membres de la communauté nord-américaine des Chippewa (11 %), les Chinois (5 %), les Hispaniques (1 %) et les Polonais (0,47 %).2, 38

L’antigène Dia a été découvert en 1955 lors d’un cas de MHNNF. Il a été nommé d’après Mme Diego, première productrice connue d’anticorps anti-Dia.

Les anticorps anti-Dia sont généralement produits en réponse à une réaction immunitaire, à la suite d’une exposition par voie transfusionnelle ou en cas de grossesse. Ils sont habituellement de type IgG1 et IgG3, et c’est le test indirect à l’antiglobuline à 37 °C qui permet le mieux de les détecter. Seuls des cas isolés de présence naturelle de l’anti-Dia dans l’organisme ont été signalés.

Le typage de l’antigène Dia ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur ses plateformes automatisées. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Dia nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. 

Prise en charge : épreuves prétransfusionnelles et prénatales

Sur le plan transfusionnel, l’anti-Dia peut avoir une importance clinique. Il peut, en effet, causer une forme modérée à sévère de la maladie hémolytique du nouveau-né ou du fœtus (MHNNF); toutefois il a très rarement été impliqué dans des réactions transfusionnelles hémolytiques.37 Étant donné la rareté de l’antigène Dia, il est préconisé de sélectionner des unités de CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) pour les patients chez lesquels l’anti-Dia est présent ou l’a déjà été. Le typage de l’antigène Dia ne fait pas partie des phénotypages systématiques réalisés par la Société canadienne du sang sur le sang des donneurs. Par conséquent, les demandes d’unités de CGR dépourvu de l’antigène Dia nécessitent un phénotypage ou un génotypage manuel à part. Consulter le tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO pour une synthèse des recommandations transfusionnelles de CGR chez les patients possédant des anticorps non ABO.

Patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose)

En cas d’apparition d’anticorps anti-Dia chez un patient atteint d’anémie falciforme, il convient de lui transfuser des unités de CGR dépourvu de l’antigène Dia et entièrement compatible avec son phénotype étendu.5, 14 En effet, compte tenu des risques élevés d’hyperhémolyse chez ces patients, les unités de CGR doivent être entièrement compatibles avec leurs profils d’antigènes et d’anticorps.

Haut de page

ABO Subgroups

Auteurs : Youness Elkhalidy, M.D., et Gwen Clarke, M.D., FRCPC

Date de première publication : Octobre 2020

Date de révision et de mise à jour : 7 novembre 2025

Principaux publics cibles : Technologues de laboratoires médicaux travaillant dans un laboratoire d’hôpital, médecins spécialistes en transfusion

 

L’objet du présent document est de définir la pertinence des sous-groupes du système ABO pour le personnel des banques de sang hospitalières qui doit choisir l’unité de CGR à transfuser pour un patient donné, ainsi que de souligner l’importance de la collaboration avec la Société canadienne du sang durant la recherche de donneurs potentiels d’un sous-groupe en particulier pouvant entraîner des différences de typage.

À retenir

  • Le système de groupes sanguins ABO comporte des sous-groupes dans lesquels on dénote une faible expression des antigènes A ou B sur les hématies.
  • Les différences en quantité ou en qualité entre les sous-groupes ABO peuvent causer des irrégularités ou des anomalies observables au cours du groupage ABO.
  • Durant les analyses de compatibilité ABO d’une unité de CGR au sein de la banque de sang d’un hôpital, une faible réaction peut révéler la présence d’un sous-groupe ABO.
  • Toute réaction faible observée par le personnel de la banque de sang doit être confirmée auprès de la Société canadienne du sang. Si les analyses ordinaires de la Société canadienne du sang ont antérieurement révélé un sous-groupe chez le donneur, l’unité de CGR peut être transfusée sans danger conformément à ce qui est indiqué sur l’étiquette. Dans le cas contraire, l’unité ne doit pas être distribuée.

 

En quoi consistent les sous-groupes ABO?

Les antigènes des groupes sanguins A et B sont formés à partir d’enzymes qui modifient les glycoprotéines se trouvant sur la surface des globules rouges. La glycoprotéine précurseure des antigènes A et B est connue sous le nom d’antigène H. À l’instar d’autres systèmes sanguins, le système ABO comprend des variantes phénotypiques attribuables à la génétique. Le terme « sous-groupe » désigne les phénotypes dans lesquels se manifestent des variations dans la structure ou le nombre d’antigènes A et B, elles-mêmes étant associées à des variations parmi les enzymes qui les produisent. Les sous-groupes A et B peuvent entraîner l’un ou l’autre des phénomènes suivants :

  • diminution du nombre d’antigènes A et B à structure typique;
  • production d’antigènes A et B légèrement modifiés dont le nombre est susceptible de se trouver diminué.

En général, les sous-groupes A sont beaucoup plus communs que les sous-groupes B. Bien que plusieurs sous-groupes A aient été décrits, le sous-groupe A2 est le plus communément reconnu (jusqu’à 20 % des donneurs de groupe A sont A2). Certains sujets de sous-groupe A peuvent développer des anticorps dirigés contre les antigènes A courants (aussi appelés « antigènes A1 ») en raison de différences quantitatives (lorsque le sujet produit très peu d’antigènes A) ou qualitatives (lorsque le sous-groupe A de phénotypes se distingue du phénotype A1 en raison de l’expression de glycolipides antigéniques).39, 40

Comment les sous-groupes ABO influencent-ils les épreuves de compatibilité?

Les sous-groupes ABO peuvent causer des irrégularités et des anomalies observables durant le groupage ABO d’une unité de CGR. Par exemple, un sous-groupe caractérisé par une expression atténuée de l’antigène A, tel que le sous-groupe A2, peut déclencher une réaction directe plus faible lors du groupage. D’autres variants sont susceptibles de produire des images de double population, comme c’est le cas dans les sous-groupes A3 et B3. Une faible proportion de sous-groupes est susceptible de manifester des anomalies entre le groupage direct et le groupage inverse avec un groupage inverse inattendu, tel un anticorps anti-A1 chez un sujet de groupe A2.

Cependant, il convient de mentionner que bon nombre de facteurs autres que les sous-groupes ABO peuvent également avoir une incidence sur les épreuves sérologiques, à savoir des problèmes d’interprétation et des anomalies liées au système ABO. Par exemple, il se peut que certaines pathologies modifient l’expression des antigènes ABO ou réduisent la production naturelle d’anticorps ABO. De plus, il existe des médicaments, des anticorps passifs et des anticorps froids susceptibles d’interférer dans le processus d’analyse. Par conséquent, il est important d’envisager tout facteur pouvant fausser les résultats d’un test sérologique pour garantir la justesse du groupage ABO des unités de CGR et la sécurité des transfusions.

Certains sous-groupes ABO et leurs effets sur le groupage direct et inverse sont décrits dans le tableau 2. Bien qu’ils ne figurent pas dans le tableau, des sous-groupes sont également présents dans les phénotypes AB. Les sujets de groupe sanguin AB associé à un sous-groupe A ou B donneront fréquemment des résultats ABO irréguliers en ce qui a trait au groupage direct et inverse. Parmi les exemples relativement communs, mentionnons un sujet A2B possédant un anti-A1 chez qui le groupe direct présente une réaction tant avec l’anti-A qu’avec l’anti-B, mais chez qui le groupe inverse déclenche une réaction imprévue avec des cellules de dépistage du type A1.

 

Tableau 2. Divers sous-groupes ABO et leur incidence sur le phénotypage érythrocytaire (fb = faible, dp = double population)41

 

Phénotype Groupage direct Groupage inverse
Anti-A Anti-B Anti-AB Anti-A1 Anti-H Cellules A1 Cellules A2 Cellules B
A1 (typique) 4+ - 4+ 4+ - - - 4+
A2 3-4+§ - 4+ - 2-3+ +/- - 4+
A3 2+/mf - dp/fb - 3-4+ +/- - 4+
Ax wk/- - 1-2+ - 4+ 1+ - 4+
Aend mf/- - dp - 4+ +/- - 4+
Ael - - - - 4+ +/- - 4+
B (typique) - 4+ 4+ - 4+ 4+ 4+ 0
B3 - 2+/dp fb - 4+ 4+ 4+ 0
Bx - fb 2+ - 4+ 4+ 4+ 0
Bel - - - - 4+ 4+ 4+ 0

L’antigène H (une lectine qui provoque l’agglutination des molécules précurseures du système ABO) peut servir à évaluer la « force » relative d’un sous-groupe A. L’enzyme A1 normale transforme l’antigène H en antigène A1 de façon si efficace qu’il ne reste plus que des quantités infimes et indétectables de substance H.  En ce qui concerne les sous-groupes A, plus le nombre de molécules précurseures détectables est élevé (donc plus la réaction des anti-H est intense durant le groupage direct), plus le sous-groupe A est faible; une augmentation de la quantité d’antigènes H indique une inefficacité relative de la conversion des antigènes H en antigènes du sous-groupe A ou, autrement dit, en un phénotype « faible ». Cela ne s’applique pas aux sous-groupes B, étant donné que l’enzyme B normale ne transforme pas les précurseurs H de l’antigène B de façon aussi efficace et laisse habituellement une quantité considérable d’antigènes H intacts. Dans ce type de situation, la présence d’antigènes H n’est pas utile pour dégager le type B normal au sein du sous-groupe B.

Dans le cadre des analyses ordinaires des banques de sang, les cellules A1 sont des cellules stéréotypiques dont on se sert la plupart du temps pour le groupage ABO. La présence d’une agglutination de cellules A1 lors du groupage inverse indique qu’un sujet de sous-groupe A est capable de fabriquer des anticorps contre les antigènes A1 normaux.

§ Bien que le sous-groupe A2 soit considéré comme un sous-groupe A faible, il n’affecte pas le groupage direct la plupart du temps. Il s’agit plutôt du sous-groupe le plus souvent détecté grâce à la présence inattendue de l’anti-A ou de l’anti-A1.

 

Au cours de tout groupage sanguin ordinaire, la Société examine les réactions faibles ou irrégulières pour résoudre les anomalies et garantir l’exactitude des rapports de groupe sanguin ABO. Souvent, les examens en matière de sous-groupes sont effectués à la suite de réactions faibles observées durant le groupage direct. Une réaction faible s’entend d’une agglutination inférieure à 2+ provoquée soit par la méthode en phase solide, soit par des méthodes manuelles. Dans le cadre de la préparation d’échantillons ordinaires, les réactions faibles sont intensifiées à l’aide de la modification de la concentration cellulaire, la prolongation du temps d’incubation ou l’abaissement de la température d’incubation (« fb » dans le tableau 2). Les lectines propres aux antigènes A1 servent également à constater la présence ou l’absence de l’antigène A1. On présume que les cellules sans antigène A1 renferment un sous-groupe A. Les réactions de double population peuvent également contribuer à l’identification d’un sous-groupe A3 ou B3 (voir le tableau 2). Dans certains cas, des analyses approfondies dans un laboratoire de référence sont nécessaires, notamment des techniques d’adsorption et d’élution, l’immunophénotypage par cytométrie en flux pour dénombrer les antigènes ou le séquençage des gènes ABO.

Les donneurs chez qui on a détecté un groupe sanguin A2, A3 ou B3 recevront des unités A ou B en fonction du sous-type, des analyses sérologiques et de la présence ou l’absence d’anticorps contre les antigènes A1. Si une unité de CGR contenant un sous-groupe ABO se voit attribuer un groupage A ou B, on peut l’utiliser en toute sécurité conformément à ce qui est indiqué sur l’étiquette (p. ex., comme toute autre unité des groupes A et B). Si les réactions faibles ou irrégulières ne peuvent être expliquées, ou si un sous-groupe ABO incompatible avec le sujet de la transfusion est identifié, le sang donné sera exclu.

Comment les banques de sang des hôpitaux peuvent-elles déterminer si un donneur a fait l’objet d’une évaluation pour son sous-groupe ABO?

Conformément à la norme CSA Z902-25 du Groupe CSA42, les banques de sang des hôpitaux doivent procéder à la confirmation de groupage direct des unités de CGR reçues par la Société canadienne du sang afin de permettre la distribution d’unités par épreuve croisée électronique.  Si une réaction faible (inférieure à 2+) est observée durant les analyses de confirmation ABO, l’unité pourrait contenir un sous-groupe ABO.

Dans ces cas, il faut contacter les services de distribution de la Société canadienne du sang pour vérifier si un sous-groupe a été identifié et examiné par les services d’analyse des dons de la Société durant les procédures habituelles de groupage. Un spécialiste technique de la Société consulte alors l’historique du donneur et peut ensuite confirmer si un sous-groupe a déjà été identifié ou non.

Si les dossiers de la Société canadienne du sang révèlent qu’un sous-type a été identifié, on peut en conclure que la réaction faible observée au cours des analyses de confirmation était prévisible en fonction du sous-groupe ABO; l’unité peut ensuite être utilisée sans danger en fonction du groupe ABO indiqué sur l’étiquette finale (p. ex., une unité A3 peut être transfusée chez un sujet de groupe A). Cependant, si l’historique demeure introuvable, un code sera ajouté au dossier du donneur pour qu’une analyse manuelle soit réalisée lors du prochain don afin de détecter un possible sous-groupe ABO ou une autre interférence. Si une réaction faible imprévue a lieu durant les épreuves de confirmation (c.-à-d. si le sous-groupe n’a pas été identifié au préalable par la Société canadienne du sang), l’unité ne doit pas être distribuée. Il pourrait s’avérer nécessaire de remplir un Formulaire de commentaires – Clients hospitaliers et de retourner l’unité à la Société canadienne du sang. Dans une telle situation, il est recommandé d’en discuter avec un médecin spécialisé en médecine transfusionnelle.

Image
ABO algorithm

Figure 5. Algorithme pour la gestion d’une unité de sang d’un possible sous-groupe ABO par les banques de sang des hôpitaux

Donneurs de sang total avec anticorps

Auteur : Matthew Yan, M.D., FRCPC 
Date de première publication : Janvier 2019
Date de révision et de mise à jour :
7 novembre 2025
Principaux publics cibles : Technologues de laboratoires médicaux travaillant dans un laboratoire d’hôpital, médecins spécialistes en transfusion

 

À retenir

  1. Les dons de sang total de donneurs possédant des anticorps anti-érythrocytaires peuvent servir à préparer des unités de CGR dont l’étiquette finale indiquera les anticorps. Un très faible pourcentage (< 0,5 %) de ces unités de CGR sont distribuées par la Société canadienne du sang.
  2. Les unités de CGR de donneurs possédant des anticorps anti-érythrocytaires peuvent être transfusées en toute sécurité aux adultes en raison de la faible quantité de plasma résiduel présente dans l’unité et de l’effet de dilution.

Introduction 

Un très faible pourcentage (< 0,5 %) d’unités de CGR est fabriqué à partir des dons de personnes possédant des anticorps anti-érythrocytaires. Il peut s’agir d’anticorps dirigés contre des antigènes non ABO communs (Rh, Kell) et détectés lors d’analyses ordinaires, ou des anticorps de donneurs de sang rare. Depuis 2010, la Société canadienne du sang distribue ce type d’unités de CGR à l’ensemble de ses clients (figure 1). Toutefois, compte tenu du faible pourcentage d’unités de CGR produites contenant des anticorps, il est possible que certains services de transfusion ne sachent pas comment les manipuler ni les transfuser. De façon générale, ces produits peuvent être transfusés en toute sécurité aux patients adultes, indépendamment de leur phénotype, mais pas aux patients en pédiatrie.

Image
Example of a product label for a red blood cell unit from a donor with known antibodies

Figure 1. Exemple d’étiquette d’une unité de CGR provenant d’un donneur possédant des anticorps identifiés. L’encadré rouge indique l’endroit où se trouvent les informations sur les anticorps. Les anticorps communs sont indiqués (p. ex. : « Contains Anti-K »). Pour les anticorps contre des antigènes rares, la mention « Other-AB » sera indiquée et, s’ils n’ont pas pu être identifiés, la mention « UNID-AB » sera indiquée. 

Innocuité des unités 

Les unités de CGR provenant de donneurs possédant des anticorps anti-érythrocytaires peuvent être transfusées en toute sécurité aux adultes. En revanche, il n’est pas recommandé de les transfuser aux patients en pédiatrie en raison du faible volume sanguin de ces patients.43 L’innocuité de ces produits est en grande partie due au petit volume de plasma résiduel présent dans l’unité. Cette faible quantité de plasma est par ailleurs diluée à l’aide d’une solution additive (saline, adénine, glucose, mannitol [SAGM]), mais également par le volume plasmatique du receveur une fois transfusée. Les unités de CGR préparées par la Société canadienne du sang contiennent généralement moins de 29 ml de plasma résiduel44, auxquels on ajoute environ 110 ml de solution SAGM.44

Pour évaluer l’effet de la solution additive sur les anticorps passifs, Nobiletti et coll.45 ont étudié le surnageant dans 169 unités de CGR provenant de donneurs possédant des anticorps identifiés et auxquelles on avait ajouté une solution ADSOL. Selon les résultats obtenus, 46 % des unités ne contenaient aucune trace détectable d’anticorps. Dans les 54 % d’unités contenant des anticorps, ceux-ci n’étaient plus détectables après une dilution au cinquième du surnageant. Dans une autre étude, Hill et coll.46ont analysé des échantillons d’unités de CGR, ou tubes échantillons, de 39 donneurs possédant des anticorps identifiés. Elles ont trouvé que les tubes échantillons contenaient en moyenne deux tubes d’anticorps en moins que les échantillons de sang directement prélevés auprès des donneurs; et dans 28 % des cas, les anticorps étaient indétectables dans les tubes échantillons. 

Ces unités de CGR doivent également leur innocuité à la faible quantité d’anticorps présente dans le plasma résiduel. Dans leur étude sur les 39 donneurs, Hill et coll.46ont relevé un titrage moyen de 1 dans les tubes échantillons de CGR. Cela diffère du titrage moyen des anticorps anti-A et anti-B relevé dans les tubes échantillons de CGR du groupe O qui, à 32, s’avère beaucoup plus élevé. Or, malgré cela, on transfuse régulièrement des unités de CGR du groupe O à des personnes qui ne sont pas du groupe O sans se soucier des risques d’hémolyse. En plus des facteurs atténuants déjà mentionnés, cela peut également être dû à la présence, dans les tissus et dans le plasma, de substances ABH qui annulent l’effet des anticorps. 

Calcul théorique 

Considérons, par exemple, le pire scénario suivant : une unité de CGR provenant d’un donneur possédant une forte quantité d’anticorps est transfusée à une femme de petit gabarit ayant un volume sanguin inférieur au volume sanguin moyen. Le donneur présente une concentration en anticorps de 1 024 dans le plasma résiduel pour un volume de 29 ml. On effectue une dilution à l’aide de 110 ml de solution SAGM, qui permet d’obtenir au moins deux tubes d’un titrage en anticorps de 256 (selon l’étude de Hill et coll.46). Ce volume de 139 ml (plasma résiduel + solution additive) est ensuite transfusé à une femme mesurant 150 cm et pesant 45 kg. Le volume sanguin de la receveuse est d’environ 2 900 ml. Si l’on considère qu’il s’agit d’une transfusion inappropriée et que l’hématocrite de la receveuse, qui ne présente aucune anémie, est de 44 %, le volume plasmatique de la receveuse doit tourner autour de 1 600 ml. Ce qui, en théorie, équivaudrait à une dilution supplémentaire de 11 % des 139 ml de l’unité de CGR qui contenait les anticorps et qui, selon toute probabilité, rendrait négligeable la présence d’anticorps. 

Exemples pratiques 

Depuis que la Société canadienne du sang a, en 2010, introduit la distribution d’unités de CGR de donneurs possédant des anticorps, aucune réaction hémolytique liée à ce type d’unité n’a été signalée. Par ailleurs, les rares cas d’hémolyse signalés dans la littérature concernent la transfusion d’unités de sang total, lesquelles contiennent une importante quantité de plasma et sont produites selon des méthodes différentes de celles utilisées au Canada. Ces rapports font également état de la présence d’une incompatibilité interdonneur lors de la transfusion à un receveur dépourvu d’un antigène de sang porteur de cet antigène, suivi de sang contenant l’anticorps correspondant.47-50

Dans leur étude évaluant la transfusion d’unités de CGR contenant des anticorps, Combs et coll.51 ont étudié les répercussions cliniques de la transfusion de 259 unités de CGR de donneurs possédant un total de 312 anticorps. Environ 90 % de ces unités présentaient des anticorps ayant une importance clinique. Sur les 99 receveurs pour lesquels des échantillons de sang avaient été prélevés après la transfusion, seuls 10 contenaient des anticorps passifs détectables, sans pour autant montrer de signe de réaction hémolytique. Les auteurs ont donc conclu que la transfusion d’unités de CGR contenant des anticorps à des adultes était sûre et qu’elle présentait d’infimes répercussions sur la charge de travail du personnel hospitalier. Enfin, cela permet à la Société canadienne du sang de continuer à accepter le sang des personnes possédant des anticorps, ce qui contribue à garantir un approvisionnement continu en CGR aux patients canadiens. 

Haut de page

Tableau récapitulatif des recommandations transfusionnelles pour les anticorps non ABO

Anticorps Recommandation Risque de MHNNF
Système MNS
Anti-M Si des anticorps sont détectables à 37 °C, transfuser du CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C).  Sinon, possibilité de transfuser du CGR compatibilisé dépourvu de l’antigène M (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). Rarement
Anti-Mi(a) Si des anticorps sont présents, transfuser du CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C). Oui
Système Rhésus (RH)
Anti-Cw CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Oui
Anti-V  CGR compatibilisé dépourvu de l’antigène V (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Aucun signalement
Système Lutheran
Anti-Lua CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Non
Système Kell
Anti-Kpa‡  CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Oui
Anti-Jsa‡ CGR compatibilisé dépourvu de l’antigène Jsa (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C)  Oui
Système Lewis
Anti-Lea  CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Non
Anti-Leb CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Non
Anti-Leab CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Non
Système Diego
Anti-Wra CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Oui
Anti-Dia CGR compatibilisé (test indirect à l’antiglobuline à 37 °C) Oui

Les patients atteints d’anémie falciforme (drépanocytose) possédant un ou plusieurs de ces anticorps doivent se faire transfuser des unités de CGR dépourvu du ou des antigènes associés s’il y en a de disponibles dans le délai imparti. 

La recommandation pour les unités dépourvues de l’antigène et les unités compatibilisées reflète la prévalence des antigènes correspondants dans certaines populations, la propension des anticorps de ces systèmes sanguins à entraîner une hémolyse et d’autres réactions indésirables ainsi que la probabilité que les anticorps d’isotype IgG soient réactifs à 37 °C. 

Download the table here: 

104.48 KB

7 novembre 2025

 

 

 

Haut de page

Ressources

Courses

Pour en apprendre davantage sur l’immunohématologie et les bases des épreuves de compatibilité des banques de sang, visiter LearnSerology.ca, une ressource pédagogique en ligne mise au point par des spécialistes de la médecine transfusionnelle au Canada. Le programme comprend six modules et un module interactif de tableaux de dépistage d’anticorps.

Lectures suggérées

Livres

Reid M, Lomas Francis C and Olsson M. The Blood Group Antigens Facts Book, 3rd ed. San Diego: Elsevier Science & Technology; 2012.

Daniels G. Human Blood Groups, 3rd ed. Oxford: John Wiley & Sons; 2013 

Cohn, C; Delaney, M; Katz, L; and Schwartz, J, editors. Technical Manual, 21st Ed. Bethesda: AABB; 2023. https://www.aabb.org/aabb-store/product/technical-manual-21st-edition---digital-16919069

Documents d’orientation

National Health Services Blood and Transplant (NHSBT). Spn214/5 – the Clinical Significance of Blood Group Alloantibodies and the Supply of Blood for Transfusion. National Health Services Blood and Transplant (NHSBT) clinical guidelines, National Health Services, 2022: p. 39. https://hospital.blood.co.uk/clinical-guidelines/nhsbt-clinical-guidelines/.

The Canadian Haemoglobinopathy Association. Section 2. Transfusion. Part 1: Disease-Modifying Therapy. Sickle Cell Disease Consensus Statement. Ottawa; 2024. p. 12-20. Available from: https://canhaem.org/wp-content/uploads/2024/09/Transfusion.pdf

Davis BA, Allard S, Qureshi A, Porter JB, Pancham S, Win N, Cho G, Ryan K. Guidelines on Red Cell Transfusion in Sickle Cell Disease. Part I: Principles and Laboratory Aspects. Br J Haematol 2017; 176: 179-91.

Trompeter S, Massey E, Robinson S, Committee of the Task Force of the British Society of Haematology Guidelines. Position Paper on International Collaboration for Transfusion Medicine (ICTM) Guideline ‘Red Blood Cell Specifications for Patients with Hemoglobinopathies: A Systematic Review and Guideline’. Br J Haematol 2020; 189: 424-7. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bjh.16405.

Remerciements

Nous remercions Danielle Meunier, M.D., Sophia Peng, M.D., Jacqueline Côté, MLT, et Debra Lane, M.D., FRCPC, pour leur contribution à la première version de cette ressource sur les bonnes pratiques.

References

  1. National Health Service Blood and Transplant. (2022). SPN214/5 – The Clinical Significance of Blood Group Alloantibodies and the Supply of Blood for Transfusion. 1-39. https://hospital.blood.co.uk/clinical-guidelines/nhsbt-clinical-guidelines/ 
  2. Reid, M., Lomas Francis, C., & Olsson, M. (2012). The Blood Group Antigens Facts Book. Section II: The blood group systems and antigens; Rh Blood Group System, CW antigen. (3rd ed.). Elsevier Science & Technology. 
  3. Daniels, G. (2013). Human Blood Groups. Chapter 3: MNS Blood Group System. 137. 
  4. Melland, C., & Palk, M. (2023). Technical Manual. Chapter 12: Other blood group systems and antigens (Cohn, Ed. 21st ed.). Association for the Advancement of Blood & Biotherapies. 
  5. Davis, B. A., Allard, S., Qureshi, A., Porter, J. B., Pancham, S., Win, N., Cho, G., & Ryan, K. (2017). Guidelines on red cell transfusion in sickle cell disease. Part I: principles and laboratory aspects. Br J Haematol, 176(2), 179-191. https://doi.org/10.1111/bjh.14346 
  6. Morin, P., R, S., & G, C. (2020). Phenotype matching and storage age of blood for sickle cell patients: A review and recommendations for transfusion practice. https://profedu.blood.ca/en/transfusion/publications/phenotype-matching-and-storage-age-blood-sickle-cell-patients-review-and 
  7. Yasuda, H., Ohto, H., Nollet, K. E., Kawabata, K., Saito, S., Yagi, Y., Negishi, Y., & Ishida, A. (2014). Hemolytic disease of the fetus and newborn with late-onset anemia due to anti-M: a case report and review of the Japanese literature. Transfus Med Rev, 28(1), 1-6. https://doi.org/10.1016/j.tmrv.2013.10.002 
  8. Chapman, J. F., Elliott, C., Knowles, S. M., Milkins, C. E., & Poole, G. D. (2004). Guidelines for compatibility procedures in blood transfusion laboratories. Transfus Med, 14(1), 59-73. https://doi.org/10.1111/j.0958-7578.2004.00482.x 
  9. He, Y., Gao, W., Li, Y., Xu, C., & Wang, Q. (2023). A single-center, retrospective analysis of 17 cases of hemolytic disease of the fetus and newborn caused by anti-M antibodies. Transfusion, 63(3), 494-506. https://doi.org/10.1111/trf.17249 
  10. Delaney M., J. S., Katz LM., Shwatrz J. (2023). Technical Manual, 21st Edition - Digital. Association for the Advancement of Blood and Biotherapies. 
  11. Jain, M. D., Cabrerizo-Sanchez, R., Karkouti, K., Yau, T., Pendergrast, J. M., & Cserti-Gazdewich, C. M. (2013). Seek and you shall find--but then what do you do? Cold agglutinins in cardiopulmonary bypass and a single-center experience with cold agglutinin screening before cardiac surgery. Transfus Med Rev, 27(2), 65-73. https://doi.org/10.1016/j.tmrv.2012.12.001 
  12. Jackson, M. E., Grabowska, K., Lieberman, L., Clarke, G., & Yan, M. T. S. (2024). Management of Pregnancies Alloimmunized with Non-Rh and Non-K Alloantibodies. J Obstet Gynaecol Can, 46(1), 102189. https://doi.org/10.1016/j.jogc.2023.07.008 
  13. Stetson, B., Scrape, S., & Markham, K. B. (2017). Anti-M Alloimmunization: Management and Outcome at a Single Institution. AJP Rep, 7(4), e205-e210. https://doi.org/10.1055/s-0037-1607028 
  14. Canadian Haemoglobinopathy Association. Sickle Cell Disease Consensus Statement. Part I: Disease-modifying therapy. Transfusion. https://canhaem.org/wp-content/uploads/2024/09/Transfusion.pdf 
  15. Tippett, P., Reid, M. E., Poole, J., Green, C. A., Daniels, G. L., & Anstee, D. J. (1992). The Miltenberger subsystem: is it obsolescent? Transfus Med Rev, 6(3), 170-182. https://doi.org/10.1016/s0887-7963(92)70167-9 
  16. Reid, M. E., & Tippett, P. (1993). Review of a terminology proposed to supersede Miltenberger. Immunohematology, 9(4), 91-95. 
  17. Heathcote, D. J., Carroll, T. E., & Flower, R. L. (2011). Sixty years of antibodies to MNS system hybrid glycophorins: what have we learned? Transfus Med Rev, 25(2), 111-124. https://doi.org/10.1016/j.tmrv.2010.11.003 
  18. Broadberry, R. E., & Lin, M. (1996). The distribution of the MiIII (Gp.Mur) phenotype among the population of Taiwan. Transfus Med, 6(2), 145-148. https://doi.org/10.1046/j.1365-3148.1996.d01-64.x 
  19. Palacajornsuk, P., Nathalang, O., Tantimavanich, S., Bejrachandra, S., & Reid, M. E. (2007). Detection of MNS hybrid molecules in the Thai population using PCR-SSP technique. Transfus Med, 17(3), 169-174. https://doi.org/10.1111/j.1365-3148.2007.00747.x 
  20. Mallari, R. A., Chan, A., Powers, R. J., Pandipati, S., Bensing, K. M., Biese, D., & Denomme, G. A. (2020). Fetal inheritance of GP*Mur causing severe HDFN in an unrecognized case of maternal alloimmunization. Transfusion, 60(4), 870-874. https://doi.org/10.1111/trf.15709 
  21. Molthan, L. (1981). Intravascular hemolytic transfusion reaction due to anti-Vw+Mia with fatal outcome. Vox Sang, 40(2), 105-108. https://doi.org/10.1111/j.1423-0410.1981.tb00678.x 
  22. Agrawal, S., & Chowdhry, M. (2019). A case report on anti-Mia antibody in a multi-transfused patient from India. Transfus Apher Sci, 58(5), 625-627. https://doi.org/10.1016/j.transci.2019.08.027 
  23. Pahuja, S., Sehgal, S., Sharma, G., Singh, M., & Yadav, R. (2019). The Anti-Mia Antibody – Report of Four Cases in a Tertiary Care Hospital with Review of Literature. Global Journal of Transfusion Medicine, 4(1), 79-83. https://doi.org/10.4103/gjtm.Gjtm_2_19 
  24. Hamilton, J. R. (2020). Low prevalence red blood cell antigens: transfusions, babies, and changing demographics. Transfusion, 60(4), 659-662. https://doi.org/10.1111/trf.15764 
  25. Garratty, G., Dzik, W., Issitt, P. D., Lublin, D. M., Reid, M. E., & Zelinski, T. (2000). Terminology for blood group antigens and genes-historical origins and guidelines in the new millennium. Transfusion, 40(4), 477-489. https://doi.org/10.1046/j.1537-2995.2000.40040477.x 
  26. Kollamparambil, T. G., Jani, B. R., Aldouri, M., Soe, A., & Ducker, D. A. (2005). Anti-C(w) alloimmunization presenting as hydrops fetalis. Acta Paediatr, 94(4), 499-501. https://doi.org/10.1111/j.1651-2227.2005.tb01924.x 
  27. Daniels, G. L., Faas, B. H., Green, C. A., Smart, E., Maaskant-van Wijk, P. A., Avent, N. D., Zondervan, H. A., von dem Borne, A. E., & van der Schoot, C. E. (1998). The VS and V blood group polymorphisms in Africans: a serologic and molecular analysis. Transfusion, 38(10), 951-958. https://doi.org/10.1046/j.1537-2995.1998.381098440860.x 
  28. Parsons, S. F., Lee, G., Spring, F. A., Willig, T. N., Peters, L. L., Gimm, J. A., Tanner, M. J., Mohandas, N., Anstee, D. J., & Chasis, J. A. (2001). Lutheran blood group glycoprotein and its newly characterized mouse homologue specifically bind alpha5 chain-containing human laminin with high affinity. Blood, 97(1), 312-320. https://doi.org/10.1182/blood.v97.1.312 
  29. Rossi KQ, S. S., Lang C, O’Shaughnessy R. (2013). Severe hemolytic disease of the fetus due to anti-Kpa antibody. Int J Blood Transfus and Immunohaem, 3, 19-22. 
  30. Padmore, R., Berardi, P., Erickson, K., Desjardins, D., Giulivi, A., Tokessy, M., Neurath, D., & Saidenberg, E. (2014). Acute extravascular hemolytic transfusion reaction due to anti-Kpa antibody missed by electronic crossmatch. Transfus Apher Sci, 51(2), 168-171. https://doi.org/10.1016/j.transci.2014.08.011 
  31. Vlachodimitropoulou, E., Shehata, N., Ryan, G., Clarke, G., & Lieberman, L. (2024). Management of pregnancies with anti-K alloantibodies and the predictive value of anti-K titration testing. Lancet Haematol, 11(11), e873-e877. https://doi.org/10.1016/s2352-3026(24)00239-4 
  32. Slootweg, Y. M., Lindenburg, I. T., Koelewijn, J. M., Van Kamp, I. L., Oepkes, D., & De Haas, M. (2018). Predicting anti-Kell-mediated hemolytic disease of the fetus and newborn: diagnostic accuracy of laboratory management. Am J Obstet Gynecol, 219(4), 393.e391-393.e398. https://doi.org/10.1016/j.ajog.2018.07.020 
  33. Anderson, R. R., Sosler, S. D., Kovach, J., & DeChristopher, P. J. (1997). Delayed hemolytic transfusion reaction due to anti-Js(a) in an alloimmunized patient with a sickle cell syndrome. Am J Clin Pathol, 108(6), 658-661. https://doi.org/10.1093/ajcp/108.6.658 
  34. Levene, C., Rudolphson, Y., & Shechter, Y. (1980). A second case of hemolytic disease of the newborn due to anti-Jsa. Transfusion, 20(6), 714-715. https://doi.org/10.1046/j.1537-2995.1980.20681057162.x 
  35. Hu, D. Y., Shao, X. X., Xu, C. L., Xia, S. L., Yu, L. Q., Jiang, L. J., Jin, J., Lin, X. Q., & Jiang, Y. (2014). Associations of FUT2 and FUT3 gene polymorphisms with Crohn's disease in Chinese patients. J Gastroenterol Hepatol, 29(10), 1778-1785. https://doi.org/10.1111/jgh.12599 
  36. Milkins, C., Berryman, J., Cantwell, C., Elliott, C., Haggas, R., Jones, J., Rowley, M., Williams, M., & Win, N. (2013). Guidelines for pre-transfusion compatibility procedures in blood transfusion laboratories. British Committee for Standards in Haematology. Transfus Med, 23(1), 3-35. https://doi.org/10.1111/j.1365-3148.2012.01199.x 
  37. Bahri, T., de Bruyn, K., Leys, R., & Weerkamp, F. (2018). Fatal Acute Hemolytic Transfusion Reaction due to Anti-Wr(a). Transfus Med Hemother, 45(6), 438-441. https://doi.org/10.1159/000488863 
  38. Daniels, G. (2013). Human Blood Groups. Chapter 10: Diego Blood Group System (3rd ed.). Wiley-Blackwell. 
  39. Svensson, L., Rydberg, L., De Mattos, L. C., & Henry, S. M. (2009). Blood group A1 and A2 revisited: an immunochemical analysis. Vox Sang, 96(1), 56-61. https://doi.org/10.1111/j.1423-0410.2008.01112.x 
  40. Daniels, G. (2013). Human Blood Groups, 3rd edition. Wiley-Blackwell. 
  41. Thakral, B., Saluja, K., Bajpai, M., Sharma, R. R., & Marwaha, N. (2005). Importance of Weak ABO Subgroups. Lab Med, 36(1), 32-34. https://doi.org/10.1309/x59taaypepcnbluj 
  42. Canadian Standards Association Group. (2020). CAN/CSA-Z902:20 - Blood and blood components. CSA. 
  43. Garratty, G. (1998). Problems associated with passively transfused blood group alloantibodies. Am J Clin Pathol, 109(6), 769-777. https://doi.org/10.1093/ajcp/109.6.769 
  44. Canadian Blood Services. (2020). Circular of Information for the Use of Human Blood Components: Red Blood Cells, Leukocytes Reduced (LR). https://www.blood.ca/en/hospital-services/products/component-types/circular-information 
  45. Nobiletti J, B. S., Cable R, et al. (1998). Unexpected red cell antibodies are not detected in 46% of additive red cells from antibody positive donors. Transfusion, 1998(38), Supplemntal 87S. 
  46. Hill, E. A., & Bryant, B. J. (2014). Comparison of antibody titers in donor specimens and associated AS-1 leukoreduced donor units. Transfusion, 54(6), 1580-1584. https://doi.org/10.1111/trf.12486 
  47. Abbott, D., & Hussain, S. (1970). Intravascular coagulation due to inter-donor incompatibility. Can Med Assoc J, 103(7), 752-753. 
  48. Franciosi, R. A., Awer, E., & Santana, M. (1967). Interdonor incompatibility resulting in anuria. Transfusion, 7(4), 297-298. https://doi.org/10.1111/j.1537-2995.1967.tb05520.x 
  49. West, N. C., Jenkins, J. A., Johnston, B. R., & Modi, N. (1986). Interdonor incompatibility due to anti-Kell antibody undetectable by automated antibody screening. Vox Sang, 50(3), 174-176. https://doi.org/10.1111/j.1423-0410.1986.tb04873.x 
  50. Zettner, A., & Bove, J. R. (1963). Hemolytic transfusion reaction due to interdonor incompatibility. Transfusion, 3, 48-51. https://doi.org/10.1111/j.1537-2995.1963.tb04603.x 
  51. Combs, M. R., Bennett, D. H., & Telen, M. J. (2000). Large-scale use of red blood cell units containing alloantibodies. Immunohematology, 16(3), 120-123.